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Le blog de mireille.laborie

la Mode © René Pons 2010

23 Novembre 2010, 08:39am

Publié par mireille.laborie

 

Robe 2

 

" la Mode"

 

     La mode, et particulièrement la mode féminine, est éphémère. Chaque année elle change. Pour des raisons commerciales, mais aussi parce que l’Occident  — le changement est bien moins rapide dans d’autres civilisations — est prisonnier d’une fuite en avant qui, avec des noms différents, se manifeste dans tous les domaines. C’est la croissance dans l’économie, la mode pour le vêtement, l’avant-garde (expression tombée en désuétude) dans l’art, en un mot, la nouveauté.


       L’éphémère est la marque du monde d’aujourd’hui qui, partout, crée des musées pour pérenniser, paradoxe, ce qui si vite se démode, ces objets dont la modernité, un temps très court, fascine avant de se muer en vieillerie.


       Pourtant, dans la masse d’objets produits par une société moderne prodigieusement imaginative et destructrice, la mode féminine tient une place à part, à mi-chemin de l’objet d’usage et de l’objet d’art. Dans la grande couture, c’est évident : une robe se conçoit comme une sculpture ou une architecture, conjugaison de lignes et de volumes soigneusement pensés, fruits de l’inspiration d’un artiste ; mais, même le vêtement ordinaire, qui de loin s’inspire de la haute couture, fascine de ses changements, et à cet égard le cinéma est précieux, qui nous conserve le témoignage de la façon dont on se vêtait, parlait et bougeait au fil du dernier siècle.


       Faut-il alors s’étonner que Mireille Laborie se soit intéressée à ces éléments changeants de ce qu’on nomme l’éternel féminin : la robe, la chevelure, jeux de lignes, et qu’elle veuille les abstraire de leur finalité pratique en insistant sur leur intérêt plastique, en créant, avec ses dessins, un discret monument à la féminité ?


         Renversant les données d’une peinture traditionnelle qui célèbre la  femme, d’une façon ambiguë, en représentant sa nudité, Mireille Laborie dessine une femme sans visage et sans corps, réduite à ses traditionnels atours. Je laisse au regardeur le soin d’interpréter comme il le voudra ce renversement, mon rôle n’étant que de poser la question et de laisser chaque regardeur lui trouver une ou des réponses.

                      

                                                                                                                              René  Pons

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