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Le blog de mireille.laborie

"Perspective cavalière"

27 Septembre 2010, 13:41pm

Publié par mireille.laborie

 

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Perspective Cavalière

 

Le volume à sept faces sans ouvertures est la traduction littérale et basique de la forme de la maison que déclinent plusieurs plasticiens.

Une maison – propos d’artistes- qui ne révèle aucune intimité et qui expose ses faces et ses façades.

Ni habitacles, ni habitables, ces fausses architectures se distinguent les unes des autres par leur revêtement ou par le concept qui les a fait naître, posant ainsi la question de la représentation et de la perception.

-       Est-il préférable d’habiter une maison ordinaire avec vue sur une « belle » maison que l’inverse ?

-       Peut-on dire qu’il n’est pas nécessaire d’entrer au musée Guggenheim de Bilbao, son enveloppe architecturale extérieure suffisant à combler le regard du visiteur ?

On mesure donc à travers la démarche de Mireille Laborie le rôle du revêtement qu’elle impose aux façades de ses volumes, habitations impénétrables. La pellicule textile ou carrelée de petites pâtes de verre, étanchéifie et verrouille l’édifice rappelant qu’il est avant tout sculpture-objet. Objet à saisir du regard. Objet à vivre et non à habiter.

Quand elle sérigraphie un texte de René Pons sur les quatre pans d’une maison c’est pour mieux nous obliger à tourner autour, alors celle-ci tel un livre en ronde-bosse, dévoile son inscription publiquement et on se prendrait volontiers pour le citoyen de Pompéi lisant l’affichage urbain écrit à même les murs de la cité.

Cocon menteur

Contrairement au bombyx qui tricote autour de lui une capsule hermétique, Mireille Laborie entrelace des copeaux de bois en en maîtrisant le profil de l’extérieur. A l’intérieur de ces cocons-nids, il n’y a ni ver ni oiseaux, la forme évocatrice ne parle que d’elle-même, de son isolement nécessaire pour être mieux comprise, de sa présence et de sa légèreté. Vannerie au caractère ambigu, elle profite de la dextérité de la main de l’artiste sans en subir un excès de savoir-faire.

Elle est ronde, ovale, tubulaire ou sphérique, elle n’a ni fonction ni destinée. Elle existe à part entière pour dire que tout se love dans le creux de la chose, tout ce que l’artiste veut y mettre, tout ce que le regardeur veut y voir.


 ©   Martine Lafon 2007

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